Transpirer, il y a des limites!

Publié le 31 Mai 2017

 

Peut-être connaissez-vous quelqu’un qui a toujours les mains moites, qui a le front qui ruisselle, ou encore qui vous dit qu’il doit changer de vêtements plusieurs fois par jour? Il se peut que cette personne souffre d’hyperhidrose (HH).

Notre corps est recouvert d’environ 4 millions de glandes sudoripares dont la fonction est de produire de la sueur, ce qui nous permet de maintenir notre température corporelle autour de 37°C.

Cette fonction physiologique varie selon l’âge, le sexe, la saison, le stress, la consommation d’alcool ou de caféine, ainsi que l’intensité de l’activité physique pratiquée.

Cependant, chez certaines personnes, les glandes sudoripares deviennent hyperactives et produisent une quantité de sueur plus importante que la normale et difficilement contrôlable par l’usage d’antisudorifique. C’est ce qu’on appelle l’HH ou si vous préférez la transpiration excessive. À titre d’exemple, les glandes sudoripares normales produisent 1 litre de sueur par jour, en moyenne. En cas d’HH, la production peut être de trois à quatre fois plus importante.

 

3 % de la population

L’HH affecte près de 3 % de la population, surtout les personnes de 25 à 64 ans, quoiqu’elle puisse également survenir chez des personnes plus jeunes. Et plus de 60 % d’entre eux n’osent pas en parler, croyant à tort qu’il n’y a rien à faire. Il existe deux formes d’HH:

  • L’HH généralisée (secondaire) souvent causée par certains problèmes tels infection, diabète, hyperthyroïdie, obésité, certains médicaments... C’est alors le corps au complet qui produit trop de sueur.
  • L’HH localisée (primaire) se produit seulement sur une partie du corps aisselles, pieds, mains, cuir chevelu, visage ou région génitale. On n’identifie pas de cause particulière, mais on retrouve parfois des antécédents d’HH dans la famille.

L’HH peut avoir des conséquences physiques: risque de déshydratation, problèmes cutanés (eczéma, boutons de chaleur, mauvaises odeurs, pied d’athlète, onychomycose, verrues plantaires). Mais aussi des conséquences psychologiques: isolement, peur du jugement, diminution de la qualité de vie, etc.

 

Traitements

Contrairement aux croyances populaires, il existe des traitements pour l’HH.

Pour l’hyperhidrose locale (mains, aisselles ou pieds, on recommande l’utilisation d’antisudorifiques avec une certaine concentration de chlorure d’aluminium (Hydrosal Gel, par exemple). Cette concentration peut être augmentée selon les recommandations de votre professionnel de la santé.

Si ce traitement est inefficace, on peut tenter des injections de toxine botulique A (Botox®) pour bloquer temporairement les voies nerveuses qui amènent les glandes sudoripares à produire de la sueur. Ce traitement doit être répété aux quatre aux sept mois.

Certains patients vont bien répondre aux médicaments appelés anticholinergiques. Mais les effets secondaires sont incommodants (sécheresse de la bouche, constipation, augmentation du rythme cardiaque...).

On peut aussi avoir recours à l’ionophorèse, qui consiste à utiliser un courant électrique pour diminuer la sécrétion de sueur. Cette méthode nécessite plusieurs semaines de traitement et serait assez efficace pour l’HH au niveau des mains et des pieds.

Finalement, la chirurgie (Sympathectomie thoracique) peut être envisagée pour les gens qui n’ont pas obtenu de résultats satisfaisants avec les traitements précédents.

En conclusion, l’hyperhidrose, ça se traite! Parlez-en!

 

Rédigé par Régis Baillargeon

Publié dans #santé

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